Salle informatique interne ou datacenter : que faire de ses serveurs en 2026 ?
Pour moins d'une dizaine de serveurs, le coût dominant n'est plus le matériel : c'est l'environnement qui l'entoure.
Le calcul qui change à petite échelle
Une salle informatique interne ne coûte pas le prix de ses serveurs. Elle coûte le prix de ce qu'il faut installer autour d'eux pour qu'ils tiennent : du froid, du courant qui ne s'interrompt pas, un lien vers l'extérieur, et quelqu'un qui répond quand l'un des trois lâche.
Ces postes sont quasi fixes. Une climatisation de salle, un onduleur, un contrat d'entretien et une astreinte coûtent à peu près la même chose que vous hébergiez trois serveurs ou trente. C'est cette non-linéarité qui rend la salle interne difficile à justifier en dessous d'une dizaine de machines : vous payez une infrastructure dimensionnée pour un besoin que vous n'avez pas.
Un datacenter, lui, mutualise exactement ces postes entre ses clients. Ce que vous achetez en y allant, ce n'est pas de la surface au sol — celle-là, votre bail vous la facture déjà — c'est le fait de ne plus avoir à surveiller la climatisation.
Les six dépendances d'une salle interne
Chacune est un contrat à signer, et chacune est un point de défaillance.
Climatisation dédiée
Un contrat d'entretien, des visites périodiques — typiquement deux par an — et une supervision de température.
Onduleurs
Un achat initial, puis un remplacement des batteries tous les 3 à 5 ans, plus tôt en ambiance chaude.
Accès IP fixe
Nécessaire mais non suffisant : un lien unique reste un point de défaillance unique.
Astreinte logistique
Une option à négocier sur chaque contrat de maintenance — froid, électricité, onduleurs, incendie — et autant de numéros à composer.
Groupe électrogène
Obligatoire pour du 24/7 réel : démarrage automatique, essais en charge, contrat de carburant.
Conformité et assurance
Détection et extinction incendie, vérification électrique annuelle, surprime d'assurance : des obligations, pas des options.
Sans groupe électrogène, « 24/7 » signifie en réalité « 24/7 tant que le réseau électrique tient ».
Salle interne, datacenter, RDEM Systems
Les mêmes critères, poste par poste.
| Critère | Salle interne | Datacenter standard | RDEM Systems |
|---|---|---|---|
| Climatisation | à votre charge | redondée, contrôlée | redondée, contrôlée |
| Onduleurs et groupes électrogènes | à votre charge | inclus | inclus |
| Techniciens sur site | heures ouvrées seulement | 24/7 | 24/7 |
| Accès des usagers depuis les bureaux | sans objet : serveurs sur le LAN | lien à souscrire séparément | liaison privée L2, doublable sur 2 chemins |
| Réseau | LAN d'entreprise | mutualisé | VLAN dédié, adressage privé, AS206014 |
| Répartition PCA / PRA | impossible sur un seul site | selon contrat | plusieurs sites Equinix Paris |
| Astreinte logistique (clim, courant) | 4 options de contrat à négocier | l'hébergeur | l'hébergeur |
| Astreinte système (vos serveurs) | vous | non incluse | 70 € HT/mois par serveur en 7h-22h, 150 € en 24/7, dégressif dès 5 serveurs |
| Interlocuteur en cas d'incident réseau | votre opérateur | hébergeur ou opérateur | RDEM Systems, serveur et lien |
Les ordres de grandeur
Ordres de grandeur constatés sur le marché en 2026 — colocation en Île-de-France, liens partout en France. Ni des tarifs fermes, ni une grille tarifaire RDEM Systems : un chiffrage réel dépend de votre adresse, de la capacité électrique souscrite et de votre volumétrie.
Salle interne — récurrent, hors matériel
- Électricité0,25 € HT / kWh
- Entretien climatisation250 à 300 € HT / an / groupe froid
- Essais des onduleurs1 000 à 1 500 € HT / an
- Batteries d'onduleurtous les 3 à 5 ans
- Groupe électrogènemaintenance, essais en charge, carburant
- Double adduction électriquerarement possible en immeuble
- Amortissement clim, onduleurs, groupesur 8 à 10 ans, hors entretien
- Astreintes froid, élec, onduleurs, incendie4 options de contrat à négocier
Datacenter — récurrent
- Serveur 1U hébergé, 100 à 150 W100 à 200 € HT / mois
- Quart de baie, 1 kVA souscrit400 à 500 € HT / mois
- Demi-baie, 2 kVA souscrits700 à 800 € HT / mois
- Baie complète1 200 à 2 000 € HT / mois
- Puissance souscrite au-delà de l'enveloppe150 à 250 € HT / kW / mois
- Fibre noire, non éclairée500 à 900 € HT / mois
- Lien FTTO managédès 100 € HT / mois
- Clim, onduleurs, groupes, techniciensinclus
Le calcul pour cinq serveurs
Cinq serveurs 1U, 300 W chacun, allumés en permanence. Tous les montants sont HT et constituent des ordres de grandeur 2026, hors matériel informatique.
1. La salle telle qu'on la trouve — environ 600 € HT par mois
5 × 0,3 kW × 8 760 h × 0,25 € HT = 3 285 € HT par an pour alimenter les machines. Une petite salle descend rarement sous un PUE de 2 : comptez autant pour le refroidissement et les pertes de conversion, soit environ 6 600 € HT par an. Ajoutez 500 à 600 € HT par an d'entretien pour deux groupes froids — un seul signifierait que sa panne arrête la salle. Total : près de 600 € HT par mois. C'est le chiffre que vous avez en tête, et il est exact : c'est ce que vous facturent le fournisseur d'électricité et le frigoriste. Ce n'est pas le coût de la salle, c'en est la part visible — celle d'une salle sans groupe électrogène, sans astreinte formelle et dont le local n'est pas valorisé.
2. Ce que cette facture ne dit pas
| Poste absent de la facture | Base | € HT / mois |
|---|---|---|
| Surface immobilisée, 10 à 12 m² | loyer tertiaire francilien 200 à 350 € / m² / an | 170 à 350 € |
| Extensions d'astreinte 24/7 sur quatre contrats | froid, électricité, onduleurs, extinction incendie | option à négocier, par contrat |
| Essai en charge annuel des onduleurs | une journée de prestation électrique, 1 000 à 1 500 € HT | 85 à 125 € |
| Onduleur 3 à 5 kVA amorti sur 8 à 10 ans, plus les jeux de batteries | 2 000 à 3 500 €, plus 400 à 700 € le jeu | 30 à 50 € |
| Groupe électrogène et inverseur, amortis sur 10 ans | 8 000 à 15 000 € | 65 à 125 € |
| Entretien du groupe, essais en charge, carburant | 800 à 1 500 € / an | 65 à 125 € |
| Renouvellement des deux groupes froids, amorti sur 10 à 12 ans | 8 000 à 15 000 € | 55 à 125 € |
| Détection et extinction incendie, vérification annuelle comprise | 4 000 à 8 000 €, plus environ 400 € / an | 60 à 100 € |
| Vérification électrique annuelle réglementaire | 300 à 800 € / an | 25 à 65 € |
| Total non compté | 555 à 1 065 €, hors astreintes |
L'essai en charge des onduleurs se fait tous les ans. Ce qu'il coûte, ce n'est pas l'arrêt de production : c'est la journée d'ingénieur, une prestation électrique haute tension facturée à la journée. Et s'il révèle un défaut, la coupure de service vient en plus.
Les astreintes ne se salarient pas : elles se négocient en option sur chaque contrat de maintenance, et il en faut quatre — le frigoriste, l'électricien, l'onduleur, l'extinction incendie. Quatre suppléments à la ligne, quatre engagements de délai distincts, quatre numéros à composer à 3 h du matin sans savoir lequel est le bon. C'est le poste qu'aucun budget ne porte, parce qu'il ne se découvre qu'au moment de la panne. Ne sont pas comptés non plus la double adduction électrique, que la plupart des immeubles de bureaux ne peuvent tout simplement pas offrir, ni la surprime d'assurance.
3. La même salle à parité avec un datacenter — au moins 1 150 à 1 650 € HT par mois
600 € de part visible, plus 555 à 1 065 € de postes qui ne passent pas en facture identifiable : le local, les essais des onduleurs, la conformité et les renouvellements. Et ce total est un plancher — les quatre extensions d'astreinte s'y ajoutent, ainsi que la double adduction et la surprime d'assurance. Les 25 000 à 40 000 € d'équipements — onduleurs, groupes froids, groupe électrogène, détection et extinction incendie — se renouvellent tous les dix ans environ, et aucune facture mensuelle ne le rappelle : c'est ce qui rend la salle interne indolore jusqu'au jour où elle ne l'est plus.
4. En datacenter — 650 à 900 € HT par mois, lien compris
La fourchette de 100 à 200 € HT le U s'entend pour une enveloppe de 100 à 150 W par U : à 300 W pièce, ces cinq machines demandent 1,5 kW — soit à peine plus de 1,5 kVA, le facteur de puissance d'une alimentation IT moderne à correction active tournant autour de 0,98 — et l'on ne raisonne plus au U. Deux montages tiennent cette charge : un quart de baie à 1 kVA souscrit, 400 à 500 € HT par mois, augmenté du kW souscrit en complément, facturé 150 à 250 € HT le kW et par mois ; ou une demi-baie à 2 kVA souscrits, 700 à 800 € HT par mois. Soit, dans les deux cas, de l'ordre de 550 à 800 € HT par mois, climatisation, onduleurs, groupes électrogènes, détection incendie, double adduction et techniciens 24 h/24 compris. En volume, le seuil se déplace vite : le quart de baie devient plus économique que la location au U dès trois ou quatre U ; au-delà, c'est la puissance souscrite, plus que le nombre de U, qui fait passer à la demi-baie puis à la baie complète. Ajoutez le lien vers vos bureaux : à partir de 100 € HT par mois pour un FTTO managé que nous commandons, éclairons et supportons, 500 à 900 € HT par mois pour une fibre noire dont vous éclairez vous-même les deux extrémités.
Une salle interne n'est pas moins chère : elle est moins facturée. À parité de service, elle revient à au moins une fois et demie à deux fois le prix d'un quart ou d'une demi-baie, lien compris — avant les quatre extensions d'astreinte, qui creusent encore l'écart. Et cet écart tient à l'échelle, pas au principe. Entretien de la climatisation, essais des onduleurs et du groupe, conformité, astreinte : ces postes sont quasi fixes. Répartis sur quarante baies, ils deviennent marginaux par serveur et la salle privée redevient parfaitement rationnelle — c'est d'ailleurs le métier d'un datacenter. Répartis sur cinq serveurs, ils sont portés entiers. Chez RDEM Systems, l'infrastructure des baies et les fibres inter-datacenters de notre backbone sont mutualisées entre plusieurs clients : chacun paie une fraction d'une redondance qu'aucun ne financerait seul. Ce que vous achetez en externalisant, c'est cet effet d'échelle, et une astreinte que quelqu'un assure déjà — pour vous et pour ses autres clients. L'astreinte sur vos serveurs, elle, ne fait pas partie du calcul : c'est le seul poste que le déménagement ne supprime pas, et il se traite à part.
Ce que vous achetez, et ce que nous ajoutons
Un datacenter vend un environnement. Nous y ajoutons la répartition.
Dans un datacenter de renom
De la climatisation, de l'énergie et des contrats mutualisés, avec des équipements en grande partie redondants. Les postes qui écrasent une petite salle — groupes froids, onduleurs, groupes électrogènes, détection incendie, techniciens présents la nuit — y sont partagés entre tous les clients du site, et compris dans le prix de la baie.
Ce que RDEM Systems fournit en plus
La répartition. En éclatant votre besoin sur plusieurs salles, une salle qui tombe ne vous affecte que partiellement — et une salle tombe, malgré les précautions mises en place par les datacenters : l'incendie d'OVH SBG2 à Strasbourg en 2021, la montée en température chez Equinix PA4 dont nous avons publié le récit détaillé, ou la panne électrique de Redbus Courbevoie en mars 2006, que nous avons vécue de l'intérieur, alors client de SIVIT.
Un seul hébergeur sur un seul site vous expose entièrement à son pire jour. Notre production est répartie sur plusieurs centres de données Equinix en région parisienne, et les sauvegardes sont répliquées sur deux sites géographiquement distincts.
Combien de contrats, et de quelle nature
| Modèle | Contrats à faire vivre | Nature |
|---|---|---|
| Salle privée | 5 à 7 en parallèle : climatisation, onduleurs, groupe électrogène, extinction incendie, vérification électrique, accès internet, bail du local | CAPEX + OPEX |
| Datacenter en direct | 1 par emplacement physique, plus les liens inter-datacenters à commander, à payer et à superviser dès que vous répartissez | OPEX seul |
| Datacenters opérés par RDEM Systems | 1 seul, quel que soit le nombre d'emplacements physiques — les liens inter-datacenters font partie de notre backbone mutualisé | OPEX seul |
Le piège se cache dans la ligne du milieu. Répartir sur deux sites pour se prémunir d'une salle qui tombe suppose de raccorder ces sites entre eux : autant de liens à qualifier, à commander, à facturer et à superviser, chacun avec son opérateur et son engagement de rétablissement. C'est le poste que les comparatifs oublient, et c'est précisément celui que la mutualisation absorbe.
Deux façons de nous faire intervenir
Selon que vous souhaitez rester titulaire de vos contrats, ou non.
Conseil seul
Vous contractez en direct avec le datacenter et l'opérateur fibre. Nous cadrons le besoin, rédigeons le dossier technique et pilotons la migration. Vous restez titulaire de vos contrats.
Pertinent si la maîtrise contractuelle est un objectif en soi.
Conseil, hébergement et fibre
Vos machines — virtuelles ou physiques — prennent place dans nos baies chez Equinix Paris, raccordées à vos bureaux par une liaison privée que nous commandons et supportons. Un seul contrat, un seul interlocuteur pour le serveur et pour le lien. Les baies, l'infrastructure réseau et les fibres inter-datacenters de notre backbone sont mutualisées entre plusieurs clients : vous en payez une fraction, pas la totalité. C'est aussi ce que permet une infogérance à taille humaine : un interlocuteur qui connaît votre infrastructure, pas un numéro de ticket.
Pertinent si vous ne voulez pas arbitrer entre hébergeur et opérateur.
Dans les deux cas, l'exploitation quotidienne peut être confiée à RDEM Systems au titre de l'infogérance serveur 24/7, ou rester chez vous. C'est le seul poste que le déménagement ne supprime pas : le datacenter prend en charge le froid, le courant fort, le groupe électrogène et l'incendie, mais il ne touche pas à vos serveurs. Si vous souhaitez déléguer l'astreinte système, c'est un service à part, facturé par serveur et par mois et dégressif dès cinq serveurs — vous ne remplacez personne pour autant : votre équipe garde les projets et l'escalade, nous prenons le niveau 1 et les nuits.
Questions fréquentes
19 réponses, chacune lisible isolément.
La question de fond
Ce que coûte réellement une salle à petite échelle
Est-ce encore rentable de gérer sa propre salle informatique en 2026 pour quelques serveurs ?
Pour moins d'une dizaine de serveurs, rarement. Le coût dominant n'est pas le matériel informatique, c'est l'environnement qui l'entoure : climatisation et son contrat d'entretien, onduleurs et leurs batteries, accès internet avec IP fixe, et une astreinte logistique pour intervenir quand la climatisation lâche un dimanche d'août. Ces postes ne diminuent pas quand vous passez de 30 serveurs à 3 : ils sont quasi fixes. C'est cette non-linéarité qui rend la salle interne coûteuse à petite échelle — et, symétriquement, qui la rend pertinente à quarante baies, où les mêmes frais se répartissent sur un volume qui les rend marginaux.
Qu'est-ce qui coûte le plus cher dans une salle informatique interne ?
L'astreinte, pas le matériel. Un onduleur s'achète une fois ; savoir qu'il a basculé sur batterie à 3 h du matin un samedi suppose une supervision et quelqu'un qui se déplace. Et pas n'importe qui : une salle en panne appelle quatre cœurs de métier — le froid, l'électricité, les onduleurs, l'extinction incendie — qu'aucune PME ne salarie en astreinte. En pratique, chacun se négocie en option sur le contrat de maintenance correspondant, et chaque option se facture. Une salle interne, ce n'est donc pas une astreinte : c'est quatre extensions d'astreinte à négocier séparément, quatre engagements de délai distincts et quatre numéros à composer à 3 h du matin sans savoir lequel est le bon. Un datacenter, lui, en a un seul, et il est déjà décroché. La salle interne transforme un investissement ponctuel en une obligation de présence permanente — c'est précisément ce qu'un datacenter mutualise entre ses clients.
À partir de quand une salle interne se justifie-t-elle encore ?
Dans deux cas. D'abord quand il existe une contrainte qu'un datacenter ne peut pas satisfaire : latence très faible vers un équipement physique local (automates, chaîne de production), volumétrie qu'aucun lien ne peut transporter à un coût raisonnable, ou obligation réglementaire de localisation sur site. Ensuite quand l'échelle change la nature du calcul : entretien de la climatisation, essais des onduleurs et du groupe électrogène, double adduction électrique, astreinte — ces postes sont quasi fixes. Portés par cinq serveurs, ils écrasent le budget ; répartis sur quarante baies, ils deviennent marginaux par serveur et la salle privée redevient rationnelle. C'est exactement l'effet d'échelle qu'un datacenter mutualise entre ses clients. Hors de ces deux cas, la salle interne est un héritage plutôt qu'un choix.
Combien coûte une salle informatique interne, en ordre de grandeur ?
Il y a deux réponses, et c'est tout le problème. La salle telle qu'on la trouve coûte environ 600 € HT par mois pour cinq serveurs de 300 W : l'électricité des machines à 0,25 € HT le kWh, soit environ 3 300 € HT par an, à peu près doublés par le refroidissement et les pertes de conversion puisqu'une petite salle descend rarement sous un PUE de 2, plus 250 à 300 € HT par an et par groupe froid d'entretien de la climatisation, et il en faut deux sans quoi la panne de l'un arrête la salle. Ce chiffre est exact, mais c'est la part visible : celle d'une salle sans groupe électrogène, sans astreinte formelle et dont le local n'est pas valorisé. La même salle à parité de service avec un datacenter revient à au moins 1 150 à 1 650 € HT par mois. S'y ajoutent en effet la surface immobilisée — dix à douze mètres carrés de tertiaire francilien, 170 à 350 € HT par mois — les essais annuels des onduleurs, l'amortissement des onduleurs, du groupe électrogène et des groupes froids, la détection incendie et la vérification électrique annuelle. Et ce montant est un plancher : les astreintes ne se salarient pas, elles se négocient en option sur chaque contrat de maintenance, et il en faut quatre — frigoriste, électricien, onduleurs, extinction incendie. Les 25 000 à 40 000 € d'équipements se renouvellent tous les dix ans environ, et aucune facture mensuelle ne le rappelle. Restent hors du calcul la double adduction électrique, que la plupart des immeubles de bureaux ne peuvent pas offrir, et la surprime d'assurance. Une salle interne n'est pas moins chère : elle est moins facturée.
Combien coûte l'hébergement en datacenter, en ordre de grandeur ?
Ordres de grandeur constatés sur le marché francilien en 2026, pas des tarifs fermes. Comptez 100 à 200 € HT par mois pour un serveur 1U hébergé — une fourchette qui s'entend pour une enveloppe électrique de 100 à 150 W par U, la puissance au-delà étant souscrite et facturée 150 à 250 € HT le kW et par mois. Au-dessus du U viennent le quart de baie, généralement 1 kVA souscrit pour 400 à 500 € HT par mois, la demi-baie, 2 kVA souscrits pour 700 à 800 € HT par mois, et la baie complète, 1 200 à 2 000 € HT par mois selon la capacité électrique souscrite et le site. Le quart de baie devient plus économique que la location au U dès trois ou quatre U ; au-delà, c'est la puissance souscrite, plus que le nombre de U, qui fait passer à la demi-baie puis à la baie complète. À cela s'ajoute le lien vers vos bureaux, et deux produits distincts y répondent. Une fibre noire est une fibre nue, non éclairée, dont vous fournissez les équipements aux deux extrémités : comptez 500 à 900 € HT par mois, partout en France, selon le prestataire et la distance. Un lien FTTO est un lien managé, éclairé et supporté de bout en bout : il démarre à 100 € HT par mois et se chiffre selon le débit, l'adresse et la garantie de rétablissement souscrite auprès de l'opérateur. RDEM Systems fournit les deux. Les fourchettes de colocation et de fibre noire sont des ordres de grandeur constatés en 2026 ; le lien est chiffré au devis après qualification de votre adresse.
Ce qu'une salle exige réellement
Six dépendances, six contrats, six points de défaillance
De quoi une salle informatique a-t-elle besoin pour fonctionner correctement ?
Six dépendances, toutes obligatoires : une climatisation dédiée avec son contrat d'entretien ; des onduleurs et le remplacement périodique de leurs batteries ; un accès internet avec IP fixe ; une astreinte logistique, qui ne se salarie pas mais se négocie en option sur chaque contrat de maintenance ; pour du 24/7 réel, un groupe électrogène ; et la conformité — détection et extinction incendie, vérification électrique annuelle, surprime d'assurance. Chacune est un point de défaillance, chacune demande un contrat, et aucune ne diminue quand le nombre de serveurs baisse.
Un onduleur suffit-il à garantir la continuité électrique ?
Non. Un onduleur couvre une coupure courte — de quelques minutes à une demi-heure selon le dimensionnement. Au-delà, il faut une source qui produit : un groupe électrogène, avec démarrage automatique, essais en charge périodiques et contrat de carburant. Sans groupe, « 24/7 » signifie en réalité « 24/7 tant que le réseau électrique tient ».
À quelle fréquence faut-il entretenir la climatisation et les onduleurs ?
Une climatisation de salle se contractualise avec des visites périodiques, typiquement deux par an. Les batteries d'onduleur au plomb étanche se remplacent tous les 3 à 5 ans — et vieillissent plus vite en ambiance chaude. Les deux dépendances se cumulent donc : une panne de climatisation non détectée abrège aussi la durée de vie de vos batteries.
Une IP fixe suffit-elle pour rendre un service accessible depuis l'extérieur ?
Elle est nécessaire, pas suffisante. Un accès internet unique reste un point de défaillance unique : si le lien tombe, la salle est intacte mais injoignable — ce qui, du point de vue de l'usager, ne se distingue pas d'une panne.
L'externalisation en datacenter
Ce qu'il faut réunir, et ce que l'on achète vraiment
Que faut-il concrètement pour externaliser ses serveurs en datacenter ?
Trois éléments : un lien fibre entre les bureaux et le datacenter pour que les usagers y accèdent, un contrat d'hébergement (souscrit en direct ou sous-traité), et le cas échéant une répartition sur plusieurs sites. Tout le reste — refroidissement, redondance électrique, techniciens sur place — est inclus dans le contrat d'hébergement.
Qu'achète-t-on vraiment en allant en datacenter ?
De la climatisation, de l'énergie et des contrats mutualisés, avec des équipements en grande partie redondants. Un datacenter de renom vend un environnement dont la disponibilité est le métier : climatisation redondée et contrôlée, alimentation redondante avec onduleurs et groupes électrogènes, techniciens présents 24 h/24. En datacenter, les mètres carrés sont dans le prix. En salle interne, ils sont dans votre loyer : dix à douze mètres carrés de tertiaire francilien soustraits aux bureaux pour y mettre du bruit et de la chaleur — vous les payez aussi, simplement sans les voir. Ce que vous achetez en datacenter, c'est le fait que quelqu'un soit déjà sur place, la nuit, quand la climatisation lâche.
Faut-il répartir son infrastructure sur plusieurs datacenters ?
Cela dépend de ce qu'une interruption vous coûte. Un site unique suffit pour un besoin de disponibilité standard. Dès qu'un plan de continuité (PCA) ou de reprise (PRA) est exigé, la répartition sur plusieurs datacenters distincts devient la réponse, avec un rôle attribué à chaque site : nominal, continuité, reprise. Chez RDEM Systems, la production est répartie sur plusieurs centres de données Equinix en région parisienne et les sauvegardes Proxmox externalisées sont répliquées sur deux sites géographiquement distincts.
Et si le datacenter lui-même tombe en panne ?
Cela arrive, malgré toutes les précautions. Nous en documentons publiquement un que nous avons vécu : la montée en température chez Equinix PA4, dont nous avons publié le récit détaillé. La différence n'est pas qu'un datacenter ne tombe jamais — c'est qu'il tombe avec des équipes sur place, des procédures écrites et de la redondance, là où une salle interne tombe avec un standard téléphonique. Et c'est exactement pourquoi nous répartissons votre besoin sur plusieurs salles : une salle qui tombe ne vous affecte alors que partiellement.
Si mes serveurs sont à 30 km, qui intervient physiquement dessus ?
Les techniciens du datacenter, présents 24 h/24 et travaillant sur procédures écrites : c'est un service inclus, appelé remote hands. Le paradoxe de l'externalisation est là : vos machines sont plus loin de vous, mais plus près de quelqu'un. Dans une salle interne, la personne capable d'intervenir est elle aussi à 30 km dès qu'il est 3 h du matin un dimanche — à ceci près qu'elle dort et que personne ne la paie pour être joignable. Sur nos propres baies chez Equinix Paris, ces interventions sont couvertes par notre contrat : vous n'avez ni badge à demander ni déplacement à prévoir.
Comment RDEM Systems intervient
Le raccordement, les deux modalités de mission, le point d'entrée
Comment RDEM Systems raccorde les bureaux au datacenter ?
Par une liaison privée de niveau 2 entre vos bureaux et nos équipements chez Equinix Paris : VLAN dédié, adressage privé, sans transit par l'internet public. Nous qualifions l'éligibilité de votre adresse, nous commandons le lien auprès de l'opérateur de boucle locale — un FTTO managé que nous éclairons et supportons, ou une fibre noire si vous préférez ce modèle — et nous en restons responsables devant vous : c'est nous qui portons le contrat de collecte auprès de l'opérateur, vous n'avez donc aucun contrat opérateur à souscrire. Le trafic arrive ensuite sur notre propre réseau, AS206014, dont nous maîtrisons le routage et annonçons les adresses en propre. Lorsque la continuité l'exige, le raccordement se double : deux fibres empruntant deux chemins physiques distincts. La distinction compte : deux liens sur le même chemin ne protègent que de la panne d'équipement ; deux chemins protègent aussi du coup de pelleteuse.
Peut-on faire appel à RDEM Systems uniquement pour le conseil ?
Oui, deux modalités existent. Conseil seul : vous contractez en direct avec le datacenter et l'opérateur fibre, nous cadrons le besoin, le dossier technique et la migration. Conseil, hébergement et fibre : vos machines prennent place dans nos baies chez Equinix Paris et nous portons l'ensemble de la chaîne, du serveur jusqu'au lien. Le premier mode convient si vous voulez rester titulaire de vos contrats.
Combien de contrats faut-il gérer selon le mode d'hébergement ?
Une salle privée, c'est 5 à 7 contrats à maintenir et à faire vivre en parallèle — climatisation, onduleurs, groupe électrogène, extinction incendie, vérification électrique réglementaire, accès internet, bail du local — et un mélange de CAPEX et d'OPEX, puisque les équipements s'achètent puis se renouvellent. En contractant en direct avec des datacenters, on passe en OPEX seul, mais avec un contrat par emplacement physique : dès que vous répartissez sur deux sites pour ne pas dépendre d'une salle unique, il faut aussi commander, payer et superviser les liens inter-datacenters, chacun avec son opérateur et son engagement de rétablissement. Chez RDEM Systems, c'est un seul contrat quel que soit le nombre d'emplacements physiques, en OPEX seul, les liens inter-datacenters faisant partie de notre backbone mutualisé.
Qui assure l'astreinte sur les serveurs une fois qu'ils sont en datacenter ?
C'est le seul poste qu'un déménagement en datacenter ne supprime pas : l'hébergeur prend en charge le froid, le courant fort, le groupe électrogène et l'incendie, jamais vos serveurs. En interne, il se compte en primes d'astreinte hebdomadaires, charges comprises, pour une personne qui ne tient pas cinquante-deux semaines par an. Confiée à RDEM Systems, l'astreinte système se facture 70 € HT par serveur et par mois en 7h-22h, ou 150 € HT en 24/7, dégressif dès cinq serveurs — et le forfait ne contient pas que le fait de décrocher : maintien en condition opérationnelle, supervision, sauvegarde Proxmox Backup Server incluse, crédit d'intervention. Vous ne remplacez personne pour autant : votre équipe garde les projets et l'escalade, nous prenons le niveau 1 et les nuits. Ce qui disparaît, ce n'est pas un poste — c'est la ligne « astreinte » sur la paie et l'obligation d'être joignable à 3 h du matin pour un disque plein.
Faut-il louer une baie entière pour commencer ?
Non. Le point d'entrée est la machine virtuelle sur notre plateforme Proxmox : à partir de 22 € HT/mois pour 1 vCPU, 4 Go de RAM et 50 Go de SSD, sauvegarde quotidienne répliquée sur deux sites incluse, jusqu'à 132 € HT/mois pour 8 vCPUs et 32 Go de RAM — voir les tarifs d'hébergement VPS Proxmox. Vos propres serveurs peuvent aussi prendre place dans nos baies chez Equinix Paris, avec un volume et un tarif établis au devis — un quart de baie, qui se négocie généralement autour de 1 kVA souscrit pour 400 à 500 € HT par mois sur le marché en 2026, suffit à loger quelques serveurs. Nos baies, notre infrastructure réseau et les fibres inter-datacenters de notre backbone sont mutualisées entre plusieurs clients : vous ne financez pas seul une redondance dimensionnée pour l'ensemble. Pour les infrastructures plus importantes, l'infogérance d'un cluster dédié sur votre matériel est facturée 150 € HT/mois par hyperviseur.
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Nombre de machines, contrats d'entretien en cours, contraintes de latence : l'audit initial est gratuit et conclut aussi bien à « gardez votre salle » qu'à l'inverse.
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